1 – Rédiger une proposition pédagogique 

Qu’est-ce qu’une proposition pédagogique ?

La proposition pédagogique, ou « cahier des charges », définit les modalités de réalisation d’une formation. Elle est rédigée à la demande d’un commanditaire.

Dans le cadre de la formation professionnelle
Selon l’AFNOR, le cahier des charges est le « document contractuel fixant les modalités d’exécution d’une action de formation. Ce document contient des éléments administratifs, pédagogiques, financiers et organisationnels pour atteindre des objectifs déterminés » (NF X50-750-1).

En pratique, le cahier des charges inclut le plus souvent ces éléments : 

  1. La présentation de la structure commanditaire
  2. Le contexte du projet de formation : les raisons pour lesquelles la formation est organisée, la problématique à laquelle elle répond, ses objectifs stratégiques
  3. Les objectifs de la formation
  4. Le contenu de la formation : son intitulé, son thème, son programme, une description
  5. Le public cible : son profil professionnel, l’effectif minimum/maximum, les prérequis (ce que les apprenant·es doivent savoir et/ou faire avant la formation)
  6. Les moyens et les contraintes : la durée, les dates et les lieux envisagés, le matériel nécessaire (salle de formation, équipement, accès internet…), le contact pédagogique (par exemple, le ou la responsable pédagogique ou administratif/administrative), le budget
  7. Les modalités pédagogiques : le profil des formateurs et formatrices et l’organisation pédagogique : les méthodes, les techniques et les moyens pédagogiques envisagés (diaporamas, livret de l’apprenant, ouvrages, plateforme en ligne…)
  8. Les modalités d’évaluation : l’évaluation de la satisfaction des parties prenantes, l’évaluation des apprentissages, l’évaluation des changements de pratiques et des effets de la formation (voir Étape 6. Evaluer la formation)
  9. Les modalités financières : les frais pédagogiques (par jour de formation ou par apprenant·e), les frais annexes (location de salle, frais des intervenant·es), les sources de financement possibles

Les outils pour passer à la pratique :
OUTIL 6.  Préparer un cahier des charges

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3 – Intégrer des temps d’inclusion et de déclusion

Il s’agit de deux étapes-clés de la dynamique de groupe :

Pendant l’inclusion, les individus se rencontrent, s’observent et apprennent à se connaître pour trouver leur place dans le groupe. Ils passent ainsi petit à petit de la méfiance à une certaine confiance. L’inclusion peut intégrer une ou plusieurs activités de type « brise-glace ». La déclusion est l’activité qui marque l’étape de séparation entre les membres du groupe.

Les formateurs et les formatrices peuvent choisir de ne pas participer aux activités pour se concentrer sur l’animation et la prise en compte de la dynamique du groupe. À l’inverse, leur participation signale l’instauration d’une relation horizontale.

L’inclusion

L’inclusion favorise de bonnes conditions d’apprentissage. Elle a un effet sur la motivation et permet de poursuivre les interactions initiées avec le groupe à l’accueil. Elle permet à chaque personne de :

  • Se sentir reconnue : qui je suis, d’où je viens, quelles sont mes expériences en lien avec le sujet de la formation…
  • Se sentir appartenir à un groupe : trouver des points communs personnels ou professionnels avec les autres (origine géographique, loisirs, compétences, publics, attentes…)
  • Ressentir du plaisir en passant un moment ludique et convivial

Pour le formateur ou la formatrice, l’inclusion sert à mieux connaître le groupe et à identifier ses caractéristiques. Un brise-glace permet d’initier la dynamique du groupe et de révéler d’éventuelles inquiétudes (voir Boîte à outils. Outil 1 : répertoire d’activités brise-glace).

Il est important en tant que formateur ou formatrice de se demander avec quelle activité brise-glace vous vous sentez le ou la plus à l’aise en fonction de votre personnalité. Le Centre des Nouvelles pédagogies de l’Université Grenoble Alpes s’est penché sur la question de manière humoristique en créant une affiche qui vous permettra de mieux choisir vos activités brise-glace selon votre profil : Télécharger l’arbre à palabres.

Le réveil pédagogique
On distinguera le brise-glace, qui a un objectif d’interconnaissance et de dynamisation du collectif, et les activités de type « réveil pédagogique » qui visent plutôt à se remobiliser en début de journée ou après la pause déjeuner, à réviser les éléments vus précédemment, à éviter l’assoupissement… (voir Boîte à outils. Outil 2 : répertoire d’activités de réveil pédagogique (ou energizer)

La déclusion

La déclusion conclut la formation. Elle symbolise la transition entre l’espace-temps de la formation et celui du retour au quotidien. Elle peut s’effectuer par le partage d’un mot individuel de bilan, par un clap collectif de fin… On distinguera la déclusion des séquences de bilan de fin de formation, qui ont plutôt pour objectif d’évaluer la satisfaction ou les apprentissages.

La formation de formateurs et formatrices
Lorsque vous vous adressez à de futur·es formateurs et formatrices, les temps d’inclusion et de déclusion servent à faire expérimenter aux participant·es des techniques qu’ils et elles pourront ensuite réutiliser dans leur travail. De même, si le formateur ou la formatrice souhaite que les participant·es puissent réutiliser ces techniques, il est judicieux de choisir des outils ou des techniques adaptées à leurs publics ou en lien avec la thématique de la formation. Il est alors important de bien clarifier les intentions pédagogiques des temps d’inclusion et de déclusion.

Les outils pour passer à la pratique :
OUTIL 8.  Les bonnes questions à se poser sur l’inclusion et la déclusion

 
Notre conseil : Privilégiez des activités peu engageantes initialement si le groupe ne se connait pas, ou si vous percevez des tensions ou des enjeux hiérarchiques. Ainsi, cela n’oblige pas les participant·es à révéler des informations personnelles ou délicates. Proposez toujours une issue (une autre manière de faire, un « joker »). 
Exemple : se présenter à partir d’un objet tiré de son sac ou de sa poche : les participant·es ont le choix de l’objet et sont donc responsables de ce qu’ils souhaitent partager avec le groupe. Cependant, cette activité peut être très impliquante dans certaines situations spécifiques qui ne sont pas toujours possibles à anticiper (par exemple, une participante présente son porte-clé et cela lui rappelle soudain une personne décédée et l’émeut). 

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2 – Permettre des temps informels de qualité

Qu’est-ce qu’un temps informel ?

Les temps informels sont nécessaires pour initier et maintenir une dynamique groupale. Ils ont un réel intérêt pédagogique et symbolisent la place qui est laissée au groupe pour exister en autonomie, en dehors de la relation entre le formateur ou la formatrice et les apprenant·es.
Exemple. Pour des raisons variées, des participant·es arrivent en retard le jour de la formation. Il est parfois préférable dans ce cas d’attendre que le groupe soit au complet et de commencer l’inclusion quelques minutes en retard, mais en accueillant individuellement chaque personne, plutôt que de commencer à l’heure en l’absence de certaines personnes. Pensez à la qualité des interactions à venir et prévoyez des marges horaires dans le déroulé pédagogique pour éviter un excès de stress !

Pourquoi proposer des temps informels ?

Les temps informels facilitent les échanges spontanés et la création de nouveaux liens en entretenant une atmosphère conviviale, propice aux échanges et à l’interconnaissance, et un sentiment d’appartenance.

Ensuite, ils facilitent les interactions informelles (rencontres, liens en dehors du cadre de la formation), ce qui favorise l’émergence d’un climat de confiance entre les participant·es. Ils répondent également à des besoins situés en dehors des temps de formation (repos, distraction, rêverie…), ce qui permet de maintenir un niveau d’énergie et d’attention élevés pendant la formation.

Ils permettent enfin de réguler les aléas tels qu’avoir du temps pour échanger en aparté avec un participant qui exprimerait des difficultés, réguler des tensions ou échanger avec une personne dont le comportement serait inapproprié par rapport au cadre mis en place.

Comment et quand laisser des temps informels ?

Il est essentiel de planifier ces moments dès la conception du déroulé pédagogique, de communiquer dessus avec les participant·es en amont et de questionner régulièrement le groupe pour les adapter.

En début de formation
  • Informer les participant·es : à l’avance et en début de formation, informer sur l’organisation des temps informels et les mettre en lien avec le lieu (voir Étape 2 : Le lieu de formation).
    Exemple. Indiquer la présence d’un self sur le lieu d’accueil de la formation ou de plateaux-repas livrés sur place ou d’espaces de restauration à proximité.
  • Identifier les espaces : une configuration claire des lieux amène un sentiment de sécurité : l’espace où je laisse mes affaires, celui de documentation, de pause, celui dédié au formateur ou à la formatrice…
  • Répondre aux besoins spécifiques du groupe : Par exemple, s’il y a des personnes qui fument, leur indiquer un espace extérieur.
Pendant la formation
  • Respecter les pauses annoncées : un temps d’accueil, une pause en milieu de matinée, une pause méridienne et une pause en milieu d’après-midi. Les temps de pause peuvent aussi être incorporés aux activités en sous-groupes, chaque groupe étant alors responsable de prendre une pause selon ses besoins.
Après la formation
  • Partager un moment de convivialité en fin de journée ou en fin de formation.

Les formateurs et les formatrices peuvent choisir d’être présent·es ou non pendant les temps informels.

Notons qu’il est important d’inclure les retours des participant·es concernant les temps informels (les points forts et les améliorations possibles) dans le processus d’évaluation (Voir Étape 6 : évaluer la formation).

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1 – Clarifier la demande de formation

Dans un premier temps, clarifiez la demande de formation, à savoir l’attente exprimée par le commanditaire et/ou par les apprenant·es. 
Exemple : Je souhaite que les animateurs et les animatrices de mon centre social soient formé·es à l’animation de groupe pour mener des interventions sur l’alimentation saine et durable auprès des parents. 

Pour clarifier cette demande, et si elle provient d’un commanditaire, vous pouvez creuser plusieurs aspects :

  • Le contexte : Une formation en promotion de la santé se construit à partir des ressources propres à un territoire. Elle s’oriente donc autour des besoins spécifiques d’une population, d’un territoire, d’un secteur professionnel ou d’une structure, en prenant en compte les facteurs environnementaux, en particulier les déterminants de la santé.
Schéma 1 : Les déterminants de la santé
Schéma 1 : Les déterminants de la santé

Exemples : Déterminant « conditions de travail » : L’équipe d’animation de votre centre social est-elle permanente ? Déterminant « éducation » : L’équipe a-t-elle déjà suivi des formations sur l’alimentation saine et durable ?

  • L’intention de la formation : ce qui a déclenché le projet ou les changements visés dans l’équipe, la structure ou sur le territoire.
  • Le public : ses fonctions et ses missions, ses compétences actuelles, ses motivations, le nombre de participant·es, le niveau d’interconnaissance dans le groupe, les relations hiérarchiques et/ou de pouvoir… 
  • Les partenaires : le rôle de chacun·e, les personnes ressources sur place pour coconstruire et/ou coordonner la formation… 
  • Les contenus : les changements de pratiques attendus, les compétences visées, les sujets à aborder et/ou déjà acquis… 
  • La logistique : le lieu, le budget, les sources de financement, la durée, les délais de réalisation, les contraintes… 

Il est parfois difficile d’identifier les attentes implicites. N’hésitez pas à poser des questions orientées dans ce sens, telles que : Quelle situation de travail souhaitez-vous améliorer ? Quelle pratique aimeriez-vous changer dans vos équipes ? Quelle difficulté souhaitez-vous résoudre ? En quoi saurez-vous que cette formation était réussie ? 

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